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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 21:26
 

Un film de Sam Raimi

Sorti en 2009 - Durée: 1h 39min

Titre original : Drag me to Hell

 

Avec Alison Lohman (Christine), Justin Long (Clay), Lorna Raver (Mme Ganush)...

L'histoire: Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, vit à Los Angeles avec son petit ami, le Professeur Clay Dalton. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où la mystérieuse Mme Ganush la supplie de lui accorder un crédit supplémentaire pour sa maison. Christine hésite entre la compassion et la pression de son patron qui la voudrait plus ferme avant de lui octroyer une promotion. Fatalement, Christine choisit sa carrière, même si sa décision met Mme Ganush à la rue. Pour se venger, la vieille femme jette la malédiction du Lamia sur Christine, transformant sa vie en un véritable cauchemar. Hantée par un esprit malfaisant, elle se fait aider du medium Rham Jas, qui l'entraîne dans une course frénétique contre la damnation éternelle...

On peut se rendre dans une salle de cinéma pour y voir Drag me to hell comme on déciderait d'embarquer dans un train fantôme: on y va moins pour avoir la trouille de sa vie que pour l'ambiance qui y règne. Le film est comme ça aussi: légèrement flippant mais surtout très amusant et, finalement, c'est lorsqu'on se trouve plongé dans le noir et que la musique s'emballe que l'on a le plus peur (la scène de l’invocation des esprits lors de la séance d’exorcisme). On peut alors regretter que les scènes de vie quotidienne viennent casser le rythme en faisant régulièrement retomber la pression mais elles ont toutefois le mérite d’ancrer le film dans la réalité, en particulier lorsqu’il y est question de réussite sociale. Et puis, le récit comporte son lot de moments de bravoure, la scène de la voiture et celle du cimetière étant particulièrement réussies. C'est ainsi que le voyage se déroule sans accroc, on avance paisiblement dans les dédales du parcours concocté par Sam Raimi, avec quelques fois, au détour d’un virage, la surprise de découvrir un monstre tapi dans le noir.

En fin de compte, quand Sam Raimi délaisse les films de super-héros pour revenir à son genre de prédilection, troquant ainsi un insipide homme-arraignée contre une vieille femme revancharde et avide de sortilèges, le résultat est diablement réussi. Car, que l'on parle de comédie horrifique ou de film d'horreur comique, il s'agit d'un vrai film d'épouvante qui ne se contente pas de provoquer le dégoût à grand renfort d'hémoglobine. Sous ses airs de film un peu artisanal qui sent l’encens et la bougie brûlée, Drag me to hell est l’assurance de passer un bon moment, voir même un bon moment de cinéma.



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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 17:22

 

L'histoire:

Surgi de nulle part, le phénomène frappe sans discernement. Il n'y a aucun signe avant-coureur. En quelques minutes, des dizaines, des centaines de gens meurent dans des circonstances étranges, terrifiantes, totalement incompréhensibles. Qu'est-ce qui provoque ce bouleversement radical et soudain du comportement humain ? Est-ce une nouvelle forme d'attaque terroriste, une expérience qui a mal tourné, une arme toxique diabolique, un virus qui a échappé à tout contrôle ?
Pour Elliot Moore, professeur de sciences, ce qui compte est avant tout d'échapper à ce phénomène aussi mystérieux que mortel. Avec sa femme, Alma, ils fuient en compagnie d'un ami, professeur de mathématiques, et de sa fille de huit ans. Mais très vite, il devient évident que personne n'est plus en sécurité nulle part.
Pour avoir une mince chance de survivre, Elliot et les siens doivent à tout prix comprendre la véritable nature du phénomène, et découvrir ce qui a déchaîné cette force qui menace l'avenir même de l'espèce humaine...

Ma note pour ce film:  2,5/ 4.

A une époque où nous sommes bombardés d’images chocs à tel point que nous en sommes presque blasés, Shyamalan redonne aux images une certaine valeur. Au mot « peur », mon dictionnaire donne la définition suivante: « sentiment de forte inquiétude, d’alarme en présence ou à la pensée d’un danger, d’une menace ». Dans Saw, on perd de vue ce qu'est réellement la peur, comme si on ne pouvait rien ressentir à partir du moment où le sang ne gicle pas et où les personnages ne se font pas étriper. Les images ne provoquent plus la peur mais plutôt du dégoût, car le danger, le risque est devenu certitude. On assiste ainsi à une sorte de surenchère malsaine de violence gratuite. Shyamalan fait tout l’inverse, il revient aux fondamentaux, à la peur réelle, basique, primaire même. Il avance à contre-courant. A une époque où le cynisme est de rigueur, il croit encore en l’amour. Son œuvre fait preuve d’un certain lyrisme et elle est donc parfois pathétique.

Le nouveau Shyamalan est-il réellement l’infâme navet annoncé ? Peut-être bien mais en réalité, j’ai du mal à comprendre ce que l’on reproche au réalisateur de Sixième Sens et Incassable. Là où d’autres se seraient servis du sujet pour livrer un message écolo empli de bons sentiments hypocrites, Shyamalan sait rester intègre, il prend des risques et fait une nouvelle fois le choix du respect du public. Alors qu’il aurait pu faire quelque chose de beaucoup plus facile (et rentable), il nous livre un film simple et sincère. Il réussit à chaque fois à mettre en scène avec beaucoup de sensibilité et d’intelligence des spectacles subtils: Shyamalan est un réalisateur au service de ses films. Dès lors, on ne peut qu’apprécier la sincérité de sa démarche ainsi que sa propension à nous transmettre sa passion pour des histoires qui, d’une part, ont un sens et qu’il sait d’autre part raconter à la perfection. Le Jour d’Après ou Je suis une légende relèvent d'avantage d’un jeu de séduction des spectateurs à grand renfort d’effets spéciaux et scènes apocalyptiques et pourtant Phénomènes s'avère être bien plus angoissant. D’ailleurs, l'idée de départ est ici absolument fascinante, c’est ce qu’il en fait qui l’est certainement moins. Car si dans Phénomènes la nature se rebelle et se révèle redoutable en ennemie insaisissable, l’effet recherché par le réalisateur n’est pas toujours atteint. Il est, pour le coup, assez maladroit. On le sent par exemple embarrassé par l’histoire d’amour qu’il a lui-même créée entre les deux personnages principaux et dont on a par ailleurs des difficultés à saisir l’intérêt.

Au final, la sauce ne prend pas, on ne ressent pas toujours la panique des personnages et certains des effets employés par le réalisateur finissent par tomber à l’eau. C’est sans doute qu’avec Phénomènes, Shyamalan s’éloigne de trop de ce qui fait habituellement la force de ses films. Pour commencer, le film ne comporte pas de twist final, ce qui n’est nullement gênant. Ensuite, la peur et la tension résident habituellement dans ses films moins dans des images chocs que dans des situations. Or, elle est ici beaucoup plus explicite puisque la scène du double meurtre des enfants vient contredire cette règle. La violence n'est plus seulement suggérée. Mais le plus gênant reste certainement l’existence de séquences purement explicatives alors que le réalisateur a pour habitude de procéder par sous-entendus. Il choisit sur ce point la facilité avec des scènes telles que la réunion des professeurs ou encore celle de l’émission de télévision par le biais de laquelle un scientifique tente d'expliquer le « phénomène ». Ces scènes constituent autant de coupures dans la continuité du récit et dans la tension qui devrait y régner. Une nouvelle fois, le film est trop explicite et nous mâche le travail. Pour finir, la menace est mal présentée et elle est d’autant plus difficile à saisir qu’elle semble n’obéir à aucune logique. Cette absence de règle est très déroutante même si elle ajoute dans le même temps à la tension de l’histoire en donnant l’illusion que tout peut basculer à tout moment.

Finalement, à l’image de son affiche, Phénomènes est la plupart du temps insipide. Mais il reste pourtant de très bonnes choses dans ce film bancal. On retrouve tout le génie de Shyamalan et la puissance de ses idées dans la scène du chantier par exemple qui est excellente. L’ensemble du passage se déroulant chez la vieille ermite est flippant et le dénouement est également très bon. La « maison test » est un symbole fort de l’homme contournant les lois de la nature en cherchant à s’enfermer dans un monde artificiel. Dès lors, il convient de se demander si Phénomènes est un navet avec deux bonnes idées qui se courent après ou alors un bon film qui n'échappe pas à quelques erreurs de parcours. Je choisis la deuxième option : subtil mais inégal.



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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 20:11

L'histoire:

 

C'est l'histoire d'un Parisien qui est malade et qui se demande s'il va mourir. Son état lui donne un regard neuf et différent sur tous les gens qu'il croise. Le fait d'envisager la mort met soudainement en valeur la vie, la vie des autres et celle de la ville toute entière.
Des maraîchers, une boulangère, une assistante sociale, un danseur, un architecte, un SDF, un prof de fac, une mannequin, un clandestin camerounais... Tous ces gens, que tout oppose, se retrouvent réunis dans cette ville et dans ce film.
Vous pouvez penser qu'ils ne sont pas exceptionnels mais, pour chacun d'entre eux, leur vie est unique. Vous pouvez croire que leurs problèmes sont insignifiants, mais, pour eux, ce sont les plus importants du monde.

Ma note pour ce film: 3 /4.

La bande-annonce étant très réussie, il est d'autant plus regrettable de ne pas retrouver la même énergie et la même fluidité dans le film. Et pourtant certaines scènes sont cultes (essentiellement celles mettant en scène Fabrice Lucchini en fait).

Avec un casting de rêve, une excellente B.O., une affiche branchée et Klapisch au commande d'un film choral comme il sait les faire, Paris s'annonçait comme un petit bijou. L'écrin est très beau et laisse présager de bonnes choses. En réalité, Paris a un effet à retardement: on ne comprend pas forcément immédiatement à quel point le film nous a touché. En sortant de la salle, j'ai eu la vague impression d'avoir apprécié le film mais je ne saurais su dire précisément ce que j'en pensais. Pourtant, dans les jours qui ont suivis, j'y ai beaucoup repensé, j'ai visionné l'excellente bande-annonce en boucle avec le sentiment de pouvoir enfin la comprendre.

 Pour commencer, je crois qu'il faut dire que Paris n'est en aucun cas un film sur... Paris. Comme le réalisateur le faisait remarquer dans une interview, l'histoire pourrait très bien se dérouler dans n'importe quelle autre ville. Alors pourquoi un tel titre dans ce cas ? Peut-être parce que la capitale joue tout de même un rôle important. Elle est le théâtre où se joue une pièce divisée en de multiples scènes symbolisant toutes des moments de vie. La ville avec ses rues, ses bâtiments est ce qui fait le lien entre les personnages.

Avec ce film, Klapisch confirme que ce qui l'intéresse, ce sont les gens. Il n'y a pas de gens bons, pas de gens mauvais, il y a des gens. Et le réalisateur n'a pas besoin de nous expliquer quoi que ce soit parce qu'on reconnaît tout: les émotions des personnages sont les nôtres. Avec Klapisch, l'écran devient miroir. La vie, c'est comme une partie de Monopoly, on se sait jamais sur quelle case on va tomber. Si on est tous sur le plateau, si les règles sont les mêmes pour tous, nos parcours sont différents. Chaque parcours est unique. La vie est comme une succession de cases, d'émotions qui affectent toutes à leur manière le parcours dans son ensemble. Pierre arrive en fin de parcours, il se retourne pour regarder où en sont les autres.

Portant, il manque quelque chose à cette histoire. Peut-être un véritable enjeu. Parce que finalement, on accompagne ces personnages puis on les laisse sans qu'il n'y ait eu de véritable évolution. Les scènes avec Romain Duris ne fonctionnent pas toujours et sont parfois gâchées par des dialogues un peu trop creux. "Je les envie d'être en vie" par exemple est certes une jolie expression qui pourrait bien représenter l'état d'esprit du personnage mais je crois qu'un état d'esprit doit rester un état d'esprit ! Tout l'enjeu du film est de réussir à nous faire comprendre les personnages sans nous l'expliquer d'une manière trop brutale pour garder une part de réalisme. C'est comme si le fait de prononcer ces mots leur faisait perdre leur valeur. Le risque avce ce genre d'histoire est de faire un film tellement dégoulinant de bons sentiments qu'il en devient répugnant. Dans l'ensemble, Paris réussit à ne pas tomber dans le piège.

Pour finir, le générique de début est à mon sens raté. Et moi, j'aime bien les génériques de début ! A vrai dire, c'est presque mon moment préféré dans un film: on est encore dans l'attente mais le film commence. La musique, les graphiques, les images donnent le ton. Je crois vraiment qu'avant même la scène d'ouverture, le générique permet de planter le décor, de présenter l'esprit du film et nous introduire dans son univers.



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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 19:06

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L'histoire:

Après avoir croupi quinze ans en prison, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête: se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Lovett.
Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett vole alors à son secours: pour le débarrasser de l'encombrant cadavre, elle lui propose d'en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires.
Sweeney découvre que Turpin a des visées sur Johanna, qu'il séquestre avec la complicité du Bailli Bamford. L'adolescente a attiré les regards d'un jeune marin, Anthony, qui se promet de l'épouser après l'avoir arrachée à Turpin.
Pendant ce temps, le quartier de Fleet Street s'est entiché des tartes très spéciales de Mme Lovett, et celle-ci se prend à rêver d'une nouvelle vie. Mais Sweeney est bien décidé à mener à terme sa vengeance, quel qu'en soit le coût...

Ma note pour ce film: 3 /4.

Sweeney Todd cumule des scènes exceptionnelles (le meurtre de Pirelli, Toby et Mme Lovett, la scène finale, la séquence "beyond the sea", pour ne citer qu'eux) et d'autres plus lisses. On a d'incroyables moments de tension et d'autres plus plats. Peut-être pas le chef-d'oeuvre attendu...

Tim Burton, c’est le réalisateur capable de passer de Charlie et la chocolaterie à Sweeney Todd sans être ridicule ! D’un côté on a un film qui met en scène avec des couleurs en veux-tu en voilà une histoire très moralisatrice. De l’autre, on a presque un film en noir et blanc (et rouge), avec une histoire de vengeance totalement immorale. Le duo Burton-Depp est donc de retour dans un registre diamétralement opposé puisque Tim Burton revient à ses premiers amours. En fait cette sanguinaire histoire de vengeance me fait penser à Kill Bill. D'abord parce que c'est une sanguinaire histoire de vengeance et aussi parce que l'histoire est à la fois violente et délirante. Il est d’ailleurs bien impossible de savoir qui de Tim Burton ou de Quentin Tarantino est le plus dingue des deux, tellement leurs univers sont spéciaux. Oui, Mr Burton vous êtes un grand malade, surtout ne changez rien ! En fait, Tim Burton me fait penser à un créateur fou, un peu à la Frankenstein. Ses créatures sont à la fois belles et laides, elles font peur et pourtant quelque chose en elles nous attire.

 « Enfin... mon bras m'est rendu en entier ! »

Par les temps qui courent, écrire un article sur Sweeney Todd n’est pas vraiment d’une époustouflante originalité pour un Allocinéblog. Si on ajoute à ça ma vitesse de réaction, j’ai la très légère impression d’arriver après la bataille. Alors, j’aurais bien voulu dire que j’ai détesté ce film acclamé de toute part pour me démarquer mais ce serait un gros mensonge même si plusieurs petites choses m’ont déçu.

Si le film est visuellement renversant, c’est le fond qui aurait pu être davantage soigné. On a la forme sans le fond en quelque sorte. Finalement, le film se résume presque (notez le presque) à une banale histoire de vengeance. Et j’ai définitivement beaucoup de mal à associer le mot « banal » à Mr Burton. En gros, j’aurais aimé une histoire plus travaillée, plus surprenante (même si des surprises on en a, ça oui), des intrigues secondaires auraient été les bienvenues. Mais surtout, je n’aurais pas dit non à quelques émotions. Que diable se passe-t-il dans la tête de Sweeney Tod ? Finalement, ça fait peut-être partie du jeu: peut-être que le risque lorsqu’on a un style aussi soigné que l’est celui de Burton, c'est que la forme étouffe les émotions.

Ce film fonctionne un peu comme une pièce de théâtre, autant dans sa dynamique que dans la façon qu'il a de nous présenter les choses. J'ai surtout eu cette impression avec la gestuelle des personnages et la façon qu’ils ont de se déplacer. Cette sensation est également renforcée par le monologue (chanté) de Sweeney ou encore le nombre limité des décors et des personnages.

C'est d'ailleurs sans doute ce qui m'a gêné aussi. J'aime avoir l'impression lorsque je regarde un film que tout peut arriver, que les combinaisons sont infinies. Comme dans la vraie vie en fait. J'aime avoir cette impression que l’histoire qu’on me raconte s’imbrique dans un ensemble beaucoup vaste, n’est qu’une histoire parmi des histoires. Ici, j’ai eu l’impression d’être devant une toile magnifique mais qu’on m’obligeait à rester beaucoup trop prêt pour pouvoir l’observer dans son ensemble. Alors, certes s'approcher permet de saisir les détails. Mais là encore, c’est comme si Tim Burton n’avait créé que ce qui lui était nécessaire, il se contente de tracer les grandes lignes d’un tableau et en oublie les détails.

Dernière petite chose qui m'a déçu: les chansons, je n'ai pas trouvé les paroles extrêmement appropriée à une histoire de vengeance. Ceci dit, j'ai été très agréablement surpris par Johnny Depp et son incroyable timbre de voie. Finalement, à ce stade de l'article, je me rends compte que j'ai beaucoup critiqué mais c'est sans doute que les qualités sont évidentes, elles tiennent en deux mots: Burton et Depp. Les interprétations sont absolument magistrales. L'ensemble du casting est exceptionnel: Johnny Depp et Helena Bonham Carter en tête bien sûr mais aussi Ed Sanders (Toby) ou encore Alan Rickman. Donc, au final, c’est quand même un sacré bon film, enfin je crois...



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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 20:43

 

L'histoire:

Truman Burbank, un jeune cadre moyen marié à Meryl mène une vie tranquille et mécaniquement réglée dans un petit pavillon de la ville paradisiaque de Seahaven. Les gens sont sympathiques, les jardins bien entretenus. Pourtant, Truman a envie de voir le monde, de quitter ce qu'il a toujours connu pour découvrir de nouvelles choses. Mais tout semble le contraindre à rester à Seahaven. Petit à petit, Truman étouffe sous tant de bonheur et fait des cauchemars récurrents. Il se sent de plus en plus en décalage avec ceux qui l'entourent. Pire, il se sent observé, comme s'il était le personnage principal d'un vaste spectacle. Il ne tarde pas à se rendre compte que toute sa vie a été scénarisée pour les besoins d'une émission de télévision dont il est le héros. Il décide alors de tout faire pour échapper à sa prison dorée…
 

Ma note pour ce film: 3 /4.

Je ne suis pas particulièrement fan de la prestation de Jim Carrey mais rien que pour la scène finale de l'océan ce film est culte!

Souvenez-vous, on se félicitait il y a quelques années encore de "l'exception culturelle française", notre télévision ayant réussi l'exploit de résister aux sirènes de la tv-réalité, installée sur les écrans américains depuis 1999. C'est M6 qui introduit le genre en France avec Loft Story. Dès le début, c’est un franc succès, les téléspectateurs simplement curieux ou véritables accros, sont nombreux à assister en direct au sacre de Loana. Puis, TF1 peut à son tour s'y mettre sans état d'âme en nous expliquant que « d’abord c’est pas nous qu’on a commencé ». La suite, on la connaît. Oui mais voilà, il faut sans cesse trouver de nouveaux concepts, celui du Loft, dès sa deuxième édition ne séduit déjà plus. C’était sans compter sur Secret Story, le gros carton de l’été 2007.

   

 « Et si on ne se revoit pas d'ici là, je vous souhaite une bonne soirée et une excellente nuit ! »

Si on ne donnait pas chère de la vie de la tv-réalité à son arrivée en France, force est de constater que sept ans plus tard elle est plus que jamais présente sur nos écrans. Elle est devenu un genre à part entière, au même titre que le talk-show ou le jeu. Pourtant, les producteurs vont devoir redoubler d’imagination pour trouver de nouvelles idées. Et si en plus ça peut choquer, tant mieux ! Je crois que c’est là que se situe le danger, on risque d'aller trop loin sans même sans rendre compte parce que les choses vont se faire par étapes. On repousse toujours un peu plus les limites en quelque sorte. Le prochain concept de TF1 : hétéros et homos sont enfermés dans un loft, le but : les "démasquer". Dès lors, la situation qui nous est présentée dans le film ne paraît pas complètement improbable.

The Truman Show sorti en 1998 a véritablement été visionnaire en la matière : un homme est filmé dans sa vie quotidienne. L’ennui, c’est qu’il ne sait absolument pas qu’il a été choisi à sa naissance pour être le héros d’une émission et qu’il vit dans un monde virtuel. Dans Live (film sorti le 23 janvier que je n'ai pu voir, aucun cinéma de ma ville n'ayant jugé utile de le diffuser; pourvu qu'Astérix aux jeux olympiques ne rencontre pas le même problème), les candidats sont quant à eux bien volontaires, ils mettent même en jeu leur vie pour tenter de gagner cinq millions de dollars. Si ces films grossissent le trait, on constate néanmoins des dérapages qui sont de plus en plus fréquents. Aux Pays-Bas, on filme les candidats dans leur plus simple appareil (comme on dit poliment) lorsqu'ils sont sous la douche. On voit également émerger des concepts pour le moins douteux, comme par exemple, pour n'en citer qu'un : une émission qui teste la capacité de candidats à gérer des enfants avec de "vrais" enfants gracieusement prêtés par les parents pour les besoins de l'émission.

 

 « - Alors rien n'était vrai ?
- Toi tu étais vrai et c'est pour ça que tu étais si bien.
 »

The Truman Show nous place dans une situation privilégiée. Si on n'a pas toujours le recul nécessaire pour comprendre ce qui se passe dans la réalité, l'écran de cinéma nous permet de prendre ce recul. On passe successivement devant la caméra avec Truman et on pourrait presque, comme lui, croire à cette vie qui a été créée de toute pièce (même si votre femme qui subitement et en pleine discussion se met à faire de la pub pour un cacao, j'imagine que ça doit surprendre), puis derrière la caméra, du côté des téléspectateurs hystériques qui se passionnent pour ce show.

La scène finale de l’océan est mémorable. Je crois qu’on peut y voir plusieurs niveaux de lecture. Bien sûr, Truman prend pleinement conscience de la supercherie, il se rend compte que le monde dans lequel il vit depuis toujours n’est qu’un décor, que tout est faux. Il se sent enfermé comme un insecte dans un bocal. Mais je crois que cette scène peut aussi symboliser l'envie qu'on peut tous avoir de penser « j’aurais bien deux mots à lui dire à celui qui décide de tout ça ». Et puis, est-ce que quelqu’un nous regarde en ce moment ?



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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 23:02

L'histoire:

D'ici quelques décennies...
Lincoln Six-Echo et sa camarade Jordan Two-Delta font partie des centaines de Produits d'une immense colonie souterraine où la vie est étroitement surveillée et régie par des codes très stricts. Le seul espoir d'échapper à cet univers stérile est d'être sélectionné pour un transfert sur "l'Île". A en croire les dirigeants de la colonie, l'Île serait le dernier territoire à avoir échappé à la catastrophe écologique qui ravagea notre planète quelques années auparavant et en rendit l'atmosphère à jamais irrespirable...
Lincoln, comme la totalité de ses congénères, a longtemps cru à ce paradis. Mais depuis quelque temps, des cauchemars récurrents troublent ses nuits, et le jeune homme commence à s'interroger sur le sens de sa vie et les restrictions faites à sa liberté. Poussé par une curiosité tenace, Lincoln découvre bientôt l'atroce vérité...

Ma note pour ce film: 3 /4.

Avec The Island, Michael Bay nous prouve qu’un blockbuster avec un scénario intéressant… c’est possible ! Dans la lignée des films d'action américains un tantinet lourds, ce film a le mérite de nous présenter une histoire suffisamment surprenante et intéressante pour nous permettre de passer un agréable moment. En résumé: un film d'action efficace.

Une bonne surprise

L'ennui avec les blockbusters c'est que, le plus souvent, tout y est terriblement convenu et qu'ils parviennent de ce fait rarement à nous surprendre. C'est pourtant ce que réussit à faire The Island en bénéficiant d'un scénario amusant et plutôt bien ficelé. Dès les premiers instants et dès la très réussie scène d'ouverture, on se laisse prendre au jeu. La première partie réussit assez bien à retenir notre attention et à planter le décor sans en avoir l’air. Même si on reste finalement assez peu longtemps dans cette colonie souterraine, Michael Bay parvient à nous faire comprendre quels en sont les codes. Et ce lieu semble avoir une histoire et une logique. Je crois même pouvoir dire que le réalisateur a su faire preuve d'une certaine créativité, aussi bien dans les idées que dans la mise en scène. Mais ça n'est pas tout, tout contribue à faire de ce film un blockbuster prenant. Les effets spéciaux, particulièrement réussis, nous en mettent plein les yeux, en particulier avec la scène de la poursuite sur l'autoroute qui est mémorable. Les couleurs saturées donnent un aspect assez surréaliste aux images, qui sont pour le reste très agréables. La musique aussi a quelque chose d’intrigant et nous plonge à merveille dans l’ambiance.

Un blockbuster qui tient ses promesses

Alors bien sûr, on ne peut pas vraiment dire que Michael Bay nous livre là un film tout en finesse et en retenue, mais tous les ingrédients pour passer un bon moment sans se creuser la cervelle sont réunis. On a d'abord une histoire qui tient la route et qui traite d'un sujet intéressant et particulièrement prolifique: le clonage. Cette idée de "si-ça-se-trouve-qu’on-est-des-clones-et-qu’on-le-sait-même-pas" me plait bien. Et puis il est absolument fascinant (et passablement effrayant) de se dire que tout dans cette histoire est possible, tout est réalisable ! L'humour est quant à lui tout à fait convenable, les dialogues sont soignés, et on a de plus droit à un brin de romance. Pour finir, le casting est prestigieux et le duo Scarlett Johansson-Ewan McGregor fonctionne bien, même si à première vue, il ne paraît peut-être pas des plus pertinents.

      « Je sais quand tu mens, parce que ta bouche sourit mais tes yeux sont sérieux »

      

De l'action sans modération

Malheureusement, la seconde partie s'écarte un peu trop de ce sujet que Bay a si bien réussi à installer. Il apparaît finalement n'être qu'un prétexte à des courses-poursuites qui n'en finissent pas. Car une chose est sûre: le film ne manque pas de scènes d'action et on peut justement regretter que le réalisateur ne fasse pas preuve de plus de modération car il use et abuse des courses-poursuites et explosions en tout genre. Oui, on a là un film d’action tout ce qu’il y a de plus hollywoodien, avec des changements de plan toutes les deux secondes, ce qui est absolument épuisant. On aimerait que la caméra soit parfois un peu plus posée et qu’elle prenne plus le temps mais finalement, on ne peut que constater qu’une fois lancée, cette chasse à l’homme est sans temps mort. La seconde partie est véritablement survitaminée.

 «- C'est quoi dieu ? 

- Tu sais, quand t'as vraiment envie d'un truc, tu fermes les yeux et tu le désires très fort. Et ben dieu c'est le mec qui n'en n'a rien à foutre. »



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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 21:04

Malgré son physique passablement arrondi, la jeune Tracy n'a qu'une idée en tête : danser dans la célèbre émission de Corny Collins. Par chance, ce dernier assiste à une de ses performances au lycée et lui propose de venir rejoindre son équipe. Tracy devient instantanément une star, s'attirant du même coup la jalousie d'Amber, qui régnait jusqu'ici sur le show. La chance de Tracy tourne lorsque, après avoir été témoin d'une injustice raciale, elle se retrouve poursuivie par la police pour avoir marché à la tête d'une manifestation pour l'intégration des Noirs. Désormais en cavale, ses chances d'affronter Amber au cours de la finale et de remporter le titre de " Miss Hairspray " semblent bien compromises...

Ma note pour ce film: 3,5 /4.

Un film rafraîchissant. Comédie musicale énergique et délirante, Hairspray est un véritable tourbillon de couleurs, de fantaisie et de décors kitch. Alors, autant prévenir que si le kitsch provoque chez vous des crises d’urticaire, vous pourrez certainement passer à côté de ce film sans trop de regret. Sinon, vous pouvez consommer sans modération !!

 

Dès les premiers instants, le ton est donné. On entre directement dans le vif du sujet et Tracy nous embarque avec elle dans une aventure délirante de près de 2 heures et sans aucun temps mort.

On ne peut qu’éprouver de la sympathie pour cette jeune fille bien dans sa peau et incapable de concevoir la vie sans la danse. Elle est bien décidée à changer les choses, à changer les autres aussi. A commencer par sa mère. Elle voudrait bien lui faire comprendre qu’elle n’a pas de kilo en trop mais qu’elle en a simplement plus que les autres. Indéniablement, le premier atout de ce film reste son incroyable galerie de personnages tous plus drôles et excentriques les uns que les autres. Ils sont incarnés par des acteurs de talent dont Michelle Pfeiffer, Christopher Walken et bien sûr John Travolta. La métamorphose de ce dernier est d'ailleurs tout à fait épatante même si elle est quelque peu déconcertante au départ.

 

L’ambiance sixties est également très appréciable, notamment grâce à une très bonne B.O. énergique et qui reste dans les mémoires (good morning Baaaaaltimore^^). De plus, l'histoire elle-même colle très bien à notre société moderne, dans laquelle l'apparence compte beaucoup. L’ambiance est effectivement rétro mais le message qui en ressort reste quant à lui bien d’actualité. En effet, si le style léger du film nous permet d’échapper à un ton moralisateur qui aurait été très rébarbatif, Hairspray n'en reste pas moins un hymne à la tolérance. Ceci dit, il est vrai que ce message apparaît malgré tout très utopiste. Car, on le sait bien, dans la vraie vie, les « gentils » ne gagnent pas à tous les coups. Mais au final, Hairspray est surtout un sacré divertissement et c’est bien le principal. Je ne me suis pas ennuyé et j'ai passé un très bon moment, comme coupé d’un monde dans lequel l’intolérance et le racisme sont que bien trop présents. Une parenthèse fantaisiste en quelque sorte !

 



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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:44

Lorsqu'Homer pollue gravement le lac de Springfield, une agence de protection de l'environnement décide de mettre la ville en quarantaine en l'isolant sous un énorme dôme. Les Springfieldiens, fous de rage, sont bien décidés à lyncher le coupable. Devant cette vague d'animosité, les Simpson n'ont d'autre choix que de fuir et de s'exiler en Alaska.

Ma note pour ce film: 3 /4.

Un bon moment. Je ne sais pas s’il s’agit de la plus grande aventure familiale de tous les temps comme le prétend l’affiche mais une chose est sûre : les aventures de nos personnages jaunes préférés sont intergénérationnelles. C’est assez rare finalement un film capable de réunir tous les membres d’une famille ! En plus, nous n'avons même pas besoin de mobiliser nos neurones, le rêve!

Les Simpson c’est une série vieille de 19 ans et toujours en production (un record de longévité), et maintenant c'est aussi un film! Pourtant, ils n’ont pas pris une ride. C’est le cas de le dire parce que si on grandit avec les Simpson, eux ne vieillissent pas. Lisa, végétarienne convaincue aime toujours autant aller à l’école. Maggie ne sait toujours pas parler mais sait néanmoins se faire comprendre. Bart fait toujours autant de bêtises. Homer mange toujours des donuts et Marge n’a pas encore changé de coiffure.

Alors la famille la plus déjantée du petit écran débarque sur grand écran. Faut-il forcément être idiot pour payer pour aller voir quelque chose qu’on peut regarder gratuitement à la télé, comme le suggère Homer en début de séance (j'ai trouvé ça assez culotté)? Bah, c’est sans doute le plaisir de partager un Simpson qui entre en jeu, avec une grande part de curiosité aussi et puis c'est également la volonté de découvrir une aventure inédite et peut-être enfin l'envie de rendre hommage à la famille. En tout cas, pour les fans, c'est un peu un passage obligé.

 « - Quoi vous voulez dire qu’on est piégés comme des rats ?
 Non, les rats ne se font pas piéger aussi facilement. Vous êtes piégés comme... des carottes.
»

Justement, je pense que les fans de la série ne devraient pas être déçus, même si le film ne présente rien d’exceptionnel ou de vraiment nouveau en comparaison aux épisodes. Car rien ne manque et tous les ingrédients qui ont fait le succès de la série sont réunis. L'histoire tient la route mais surtout le film ne se prend pas au sérieux et les personnages, caricatures de notre société moderne sont tous attachants à leur manière. Alors, le film est peut-être moins déjanté et emprunt de folie que ne le sont les épisodes mais, au niveau de l’humour, on atteint un niveau plus que convenable avec de bons gags, voir même hilarants pour certains. A fond la rigolade! Les voix françaises sont comme toujours excellentes. Bref, ce film est véritablement un grand épisode d’1h30, avec un bon nombre de clins d’œil (je ne verrai plus jamais spiderman de la même façon, une vérité qui dérange et une petite pic à Disney en passant…) et même des guests avec Green Day qui livre une très agréable version rock du cultissime générique de la série.

 « - Comment ce porc à pu laisser des traces là haut ?
 - Spider-cochon, Spider-cochon ! Il peut marcher au plafond ! Est-ce qu’il peut faire une toile ? Bien sûr que non, c’est un cochon ! Prends gaaaaaarde Spider-cochon est làààààà !!
»



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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 17:14

 

Le climatologue Jack Hall avait prédit l'arrivée d'un autre âge de glace, mais n'avait jamais pensé que cela se produirait de son vivant. Un changement climatique imprévu et violent à l'échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages : inondations, grêle, tornades et températures d'une magnitude inédite. Jack a peu de temps pour convaincre le Président des Etats-Unis d'évacuer le pays pour sauver des millions de personnes en danger, dont son fils Sam.
A New York où la température est inférieure à - 20° C, Jack entreprend une périlleuse course contre la montre pour sauver son fils.

Ma note pour ce film: 3 /4.

Oui, c'est un film à grand spectacle mais non, ce n'est pas une fin du Monde made in Hollywood. Le film réussit à concilier le spectaculaire avec l’utile. Bien évidemment, ce n'est pas un chef-d'oeuvre mais c'est véritablement un film impressionnant. On ne peut que regretter le manque de finesse du scénario et les personnages qui sont caricaturés à l'extrême. Dommage.

Et si les effets du changement climatique se faisaient sentir plus tôt que prévu ? Le scénario est simple, l'idée cauchemardesque. Et pourtant, s’il y a une chose que l’Homme est incapable de maîtriser, c’est bien le climat. Et même les USA, première puissance du Monde ne peuvent rien face à une telle vengeance de dame Nature. Car ce sont bien les Etats-Unis qui sont frappés dans le film, comme pour être punis de ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto, alors qu’ils sont pourtant le 1er pays émetteur de gaz à effet de serre (36% de l’émission mondiale). L'image est forte, tout comme l’est l’affiche du film, sur laquelle on aperçoit la statue de la Liberté (symbole par excellence des USA) luttant péniblement contre les flots, la tête sous l’eau et essayant en vain de sauver sa flamme. Tout un symbole! Bien évidemment, ce film est plus spectaculaire que réaliste mais il fait tout de même froid dans le dos, notamment grâce à des effets spéciaux saisissants, comme par exemple, dans la scène dans laquelle la ville se fait submerger par les flots. Pour finir, le film nous rappelle que nous ne sommes "qu’hier" et que tout reste à faire pour que ne vienne jamais le jour d’après (comme le dit Chimène).

 



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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 20:08

Zodiac, l'insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l'Eventreur de l'Amérique. Prodigue en messages cryptés, il semait les indices comme autant de cailloux blancs, et prenait un malin plaisir à narguer la presse et la police. Il s'attribua une trentaine d'assassinats, mais fit bien d'autres dégâts collatéraux parmi ceux qui le traquèrent en vain.
Robert Graysmith, jeune et timide dessinateur de presse, n'avait ni l'expérience ni les relations de son brillant collègue Paul Avery, spécialiste des affaires criminelles au San Francisco Chronicle. Extérieur à l'enquête, il n'avait pas accès aux données et témoignages dont disposait le charismatique Inspecteur David Toschi et son méticuleux partenaire, l'Inspecteur William Armstrong. Le Zodiac n'en deviendrait pas moins l'affaire de sa vie, à laquelle il consacrerait dix ans d'efforts et deux ouvrages d'une vertigineuse précision...

Ma note pour ce film: 3 /4.

Le film est servi par de bons acteurs et l'ensemble s'avère être très réussi et bien pensé, même si le rythme est plutôt irrégulier. Alors que je ne suis pas fan de policiers, le film m’a convaincu et j’ai passé un bon moment… Nul doute que, dans la catégorie des thrillers, c'est un bon film.

 

Le problème avec les polars, c’est qu’en général, savoir qui a tué Truc ou Bidul, je m’en fout, ça ne m’intéresse pas. Je dois faire un blocage sur les films policiers. D'ailleurs, je ne supporte pas Les Experts et toutes ces séries policières qui se ressemblent, mais rassurez-vous, je ne suis pas en train de comparer Zodiac aux Experts (je tiens à rester en vie). Pourtant, Zodiac repose sur des faits réels et je trouve que ça donne une autre dimension au film. En réalité, ça ne change pas grand chose au film en lui même, mais peut-être qu’après tout, nous sommes plus intéressés par une histoire lorsqu'on sait que les faits sont réels. Il s'agit certainement d'un critère qui peut séduire les spectateurs puisqu'il est très souvent mis en avant, aussi bien sur l’affiche du film en question, qui porte alors la mention « d’après une histoire vraie » en gros caractères ou même sa bande-annonce.

 

De plus, je ne peux pas m’empêcher de penser que dans les polars, les personnages manquent de personnalité ou alors que cette dernière est simplifiée à outrance. Je n'ai pas ressenti ce manque avec Zodiac même si on ne connaît finalement pas grand chose des personnages, à l’exception du dessinateur. J’ai également été légèrement déçu par le rôle joué par les lettres envoyées par le tueur, puisque toute la symbolique du film (et notamment l’affiche) reposait justement sur ces lettres et leurs mystérieux symboles.

Malgré tout, j’ai bien aimé Zodiac. David Fincher réussit à insuffler à son film une atmosphère très particulière, parfois pesante. Cette tension apparaît par touches, avec les scènes de crimes, celle de la cave (mémorable), les coups de fil du Zodiac ou encore l’interrogatoire du suspect… toutes ces scènes sont absolument brillantes. Alors, j’aurais peut-être préféré que les crimes interviennent de manière plus régulière tout au long du film, cela aurait sans doute ajouté un enjeu supplémentaire à la recherche du tueur et peut-être plus de rythme. Cependant, j’apprécie aussi le fait que le film ne se résume pas à quelques scènes de crimes.

Et si certains passages sont plus angoissants que d'autres, la tension est bien présente tout du long, si bien qu'on se laisse prendre au jeu de la traque, aux côtés de Robert Graysmith, qui semble quant à lui, en avoir fait une affaire personnelle.



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