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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 00:53

Un film de David Yates

Sorti en 2009 - Durée: 2h 32min

Titre original : Harry Potter and the Half-Blood Prince

Avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), Rupert Grint (Ron Weasley), Emma Watson (Hermione Granger), Alan Rickman (Severus Rogue), Helena Bonham Carter (Bellatrix Lestrange), Michael Gambon (Albus Dumbledore)...

L'histoire: L'étau démoniaque de Voldemort se resserre sur l'univers des Moldus et le monde de la sorcellerie. Si Poudlard a cessé d'être un havre de paix, Dumbledore est plus que jamais décidé à préparer Harry à son combat final. Ensemble, le vieux maître et le jeune sorcier vont tenter de percer à jour les défenses de Voldemort. Dumbledore va manipuler son ancien collègue, le Professeur Horace Slughorn, qu'il croit en possession d'informations vitales sur Voldemort. Mais un autre "mal" hante cette année les étudiants: le démon de l'adolescence! Harry est de plus en plus attiré par Ginny, Lavande a jeté son dévolu sur Ron et Hermione, rongée par la jalousie, a décidé de cacher ses sentiments, vaille que vaille.

Autant l’avouer tout de suite, je n’ai pas réussi à me mettre d’accord avec moi-même: impossible de savoir si j'ai aimé le film. Quoi qu'il en soit, la sortie d’un nouveau Harry Potter est toujours un événement particulier. A chaque fois, c’est l’assurance de se rendre au ciné, d’attendre fébrilement que la lumière s’éteigne, puis de fixer, 2h30 durant, l’écran magique sur lequel s'anime un monde unique. C'est 2h30 que l'on passe les yeux écarquillés comme ceux d'un gamin pour ne pas louper une miette d’un spectacle enivrant. 2h30 loin du monde des moldus! C’est toujours un plaisir intense lorsque le titre apparaît à l’écran. C’est plutôt rare comme sensation. Et huit ans après les débuts de l’adaptation cinématographique des romans de J.K. Rowling, le plaisir de retourner à Poudlard n’a pas faibli.

Le film est à bien des égards différents du livre dont il puise pourtant l’intrigue. L’accent est clairement mis sur les relations amoureuses des jeunes héros, au détriment de Voldemort, personnage ambigu à la psychologie complexe et qui aurait donc mérité qu’on s’intéresse plus à lui. Autant que je me souvienne, le bouquin réussit quelque chose de plutôt exceptionnel : donner une part d’humanité à un personnage que l’on a appris à détester depuis les toutes premières pages de la saga, au point de le rendre presque attachant. L’absence de Rogue est également regrettable, d’autant plus qu’il s’agit de l’un des personnages les plus intéressants de la saga, si ce n’est le plus intéressant. Et puis, c’est une drôle d’idée de faire Le prince de sang-mélé sans le prince de sang-mélé. Le fan que je suis regrette que les films ne s’intéressent pas d'avantage aux personnages. Mais écouter un fan des livres faire une critique des films peut rapidement devenir ennuyeux, voir même carrément incompréhensible. Je ne m’insurgerai donc pas contre le fait que les Inféris ressemblent trop à des elfes et que pour des morts-vivants, ils n’ont pas l’air très morts, pas plus d'ailleurs que je ne me révolterai de l’absence de la maison des Gaunt – ce qui est pourtant tout bonnement scandaleux!

Pourtant, je me demande s’il n’aurait pas mieux valu faire carrément l’impasse sur la partie de l’intrigue concernant le passé de Voldemort tant les scènes de souvenirs suscitent peu d’émotions et cassent le rythme du film en le ralentissant considérablement. La franchise devrait peut-être, au risque de s'écarter un peu plus encore des romans, assumer une fois pour toute son statut de blockbuster plutôt que d’essayer de jouer sur tous les fronts, au risque de s'imposer une structure narrative au rythme très irrégulier (soutenu dans son début et sa fin mais très lent en son sein). C’est sans doute que les contraintes d’un film sont très différentes de celles d’un livre. J.K. Rowling a doté son histoire de repères spatio-temporels forts qui sont autant de repères rassurants pour les lecteurs (à chaque tome de la série correspond une année scolaire à Poudlard). Mais ce qui fait la force des romans se transforme en contrainte pour les films qui souffrent terriblement de ce cadre figé qui les contraint à toujours suivre le même schéma narratif, ce qui donne l’impression de revivre sans cesse la même histoire. Le livre n'est peut-être en définitive qu'une matière première qu’il convient de travailler pour que le film ne soit pas simplement une mise en image.

On trouve quelque chose dans Twilight - Fascination que l’on avait aussi dans les premiers films et qui a disparu par la suite, à mesure que la saga est devenu une machine à broyer les sentiments, parfaitement huilée et laissant de ce fait peu de place à la surprise. Tout n’est certes pas parfait dans Twilight, les effets spéciaux par exemple sont un peu approximatifs voir même parfois franchement ratés. Mais bizarrement, ce n’est pas gênant, c’est même précisément cette maladresse qui fait le charme du film (bon après l’histoire reste ce qu’elle est et la métaphore des sentiments amoureux au travers du mythe du vampire, si habile soit-elle, doit faire face à ses propres limites). Je crois que David Yates est sur la bonne voie et que finalement, le plaisir de retourner à Poudlard l'emporte sur la frustation de ne pas avoir vu le film qu'on pouvait espérer. Et puis, on note dans Le Prince de Sang-mélé la volonté de bien faire et de prendre au sérieux l'univers créé par J.K. Rowling. La réalisation est soignée et la photographie très réussie, ce qui fait de ce film le plus abouti visuellement avec Le prisonnier d’Azkaban. Certaines scènes sont d’une beauté "plastique" inouïe. De plus, le film peut compter sur de bonnes prestations d’acteurs, en particulier celles de Ruppert Grint et surtout Helena Bonham Carter, une nouvelle fois prodigieuse dans le rôle de Bellatrix.

Après tout, en mettant l’accent sur les sentiments amoureux des personnages, David Yates déplace le centre de l’intrigue et de ce fait, l’histoire piétine un peu, mas il rend les personnages beaucoup plus humains et donc attachants. Harry n'apparaît plus seulement comme un héros infaillible mais il devient enfin une vraie personne! La scène avec la serveuse par exemple est certainement l’une des meilleures trouvailles depuis le début de la saga. Espérons que le réalisateur saura par la suite faire des choix audacieux. Le septième film verra par ailleurs une grande partie de l’action se dérouler en dehors de l’enceinte du château. Gageons que ce changement de cadre apporte un nouveau souffle à la saga.



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commentaires

J
Belle critique.<br /> La magie opère toujours même si je trouve que l'aspect adolescent est trop marqué (Kloves est pas très gentil avec les scènes éprouvantes en émotion d'Emma Watson qui s'en sort quand même correctement). La fin est expédiée.<br /> Mais le casting reste parfait et l'atmosphère unique de la saga intacte. Vivement la fin !
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